Stéphane MARTE
L'Après-midi des après-midi

Roman / 80 pages / 14 x 21 cm / 13 euros
ISBN 979-10-96911-15-8

A PARAITRE LE 18 DECEMBRE 2018

 

DIFFUSION/DISTRIBUTION :

HIPPOCAMPE EDITIONS
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06-88-24-20-06

 

 

 

 

Alexandre MARE
Constellations. Textes, matières, images

Critiques / 376 pages / 14 x 21 cm / 20 euros
ISBN 979-10-96911-16-5

A PARAITRE LE 18 DECEMBRE 2018

 

DIFFUSION/DISTRIBUTION :

HIPPOCAMPE EDITIONS
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06-88-24-20-06

 

 

15.09.18

Dans Les finisterres de l’esprit, l’un des plus beaux livres qu’il consacre à Segalen, Kenneth White relève que les amitiés littéraires avec des écrivains qui nous paraissent intimement proches ne sont ni affaires de chronologie ni de géographie.

C’est un mystère, une affinité élective qui nous relie au-delà du temps et de l’espace. En lisant White, j’affine la carte de mes territoires, des traits en commun avec Segalen. C’est un vaste empire recouvert de blancs inexplorés, mais j’ai pressenti dès mes premières lectures des chemins  familiers. Je traverse la vie et l’œuvre de Segalen sur les diagonales, des lignes se croisent et se rencontrent, s’accompagnent pour un temps vers des confins lointains.

Cette parenté se construit-elle après comme une légende ? Etais-je tout autant troublé par ces affinités lors des premières lectures ?

Je souligne mes proximités. Ce ne sont parfois que des mots, des bouts de phrases qui font sens, des départs d’idées, des condensés de pensée que je suis peut-être le seul à déchiffrer :

 

-       Suivre ses propres aspirations.

-       Intérêt pour les zones limites de la pensée (déjà-vu).

-       Accumulateur de sensations, chercheur de perceptions nouvelles.

-       Sensibilité éveillée en permanence, doublée d’un fort élan vital.

 

David Collin

 

 

 

par David Collin

 

Chaque semaine, un écrivain présente l’auteur classique qui l’inspire et le nourrit. David Collin a choisi Victor Segalen

 

« Tout écrivain crée ses propres précurseurs »

(Alberto Manguel, Nouvel éloge de la folie)

 

J’aime cette idée chère à Borges qui suggère que derrière tout livre se cache une foule d’énigmes et de figures tutélaires qui accompagne souterrainement son avènement, faisant de lui l’aboutissement provisoire d’une généalogie d’honorables prédécesseurs. Ainsi, dès qu’un livre apparaît, d’innombrables paramètres remettent en question l’ordre de la bibliothèque, selon l’agencement déterminé par le lecteur, et les réseaux de relations nouvelles qui réorganisent systématiquement les rayonnages d’une bibliothèque en perpétuelle mutation. Que d’exercices mentaux pour celui qui la constitue! Touchant autant les registres de la plainte que du plaisir: il y a toujours trop de livres, mais quel bonheur de classer, ordonner, amasser des piles de livres au pied de bibliothèques sans cesse débordées.

 

 

 

Charles Le Hyaric. Enlacer l'éternité
Essai d'Ann Hindry

 

 

 

 

4.09.18

Reprendre un projet de livre abandonné, cinq ans après la mort du principal destinataire et ami, c’est comme redescendre dans les catacombes, ouvrir la porte scellée d’une tombe sacrée.

JB Pontalis est mort le jour où je devais lui remettre les cinquante premières pages d’un livre ancien, le plus ancien que j’avais jamais commencé. Sous des formes multiples et toujours recommencées, bien entendu. Mais c’était toujours le livre rêvé, pensé, imaginé, repoussé à plus tard. Ma traversée de Segalen intéressait Pontalis. Cette « autographie », comme il aimait appeler ce procédé qui consiste à s’écrire à travers la vie et l’œuvre d’un.e autre, sur la diagonale d’une vie comme celle de Segalen, avait une chance de figurer dans la belle collection L’Un et l’Autre dont j’étais familier pour bien des raisons : comme lecteur et ami de plusieurs auteurs et de son éditeur. Ce qui n’était pas une facilité, bien au contraire. 

Cette remise de manuscrit était une étape importante dans cette amitié de douze ans qui ne devait pas servir, nous étions d’accord, la cause d’un « jeune » auteur, ni l’amitié qui devait suivre un haut-chemin pur de toutes convoitises ou intérêts. Nous étions donc passés à côté des deux premiers livres, du moins pour la collection. Mais après douze ans l’idée avait le droit de citer. Une ébauche du manuscrit était prête pour le 15 janvier 2013, date anniversaire, et hélas, date d’adieu.

Je rêvais d’écrire sur Segalen depuis l’Université. Mais pas comme un universitaire. Je rêvais d’écrire, point. Et j’écrivais de tout, partout, comme je pouvais, le plus souvent invisible, progressant d’étapes en étapes, dans mon « en-allée » personnelle. Dans l’élan des débuts. Toutefois, la grande diagonale qui menait à Segalen n’était pas plus rectiligne que la traversée de la Chine, semée d’embuches et de détours, de retours en arrière et de progressions difficiles. Ce projet d’écrire c’était quoi ? Un parcours du combattant, auquel on refusa plusieurs soutiens, et qui occasionna bien des découragements. Alors le temps passa et le manuscrit resta au fond d’un tiroir électronique. Avec tout de même la ténacité d’un coin de cerveau bien décidé un jour à aboutir, à rendre hommage à cet ami de toujours.

Depuis quelques jours des lumières s’allument, Segalen réapparait en pleine lumière, pour ainsi dire de lui-même, au moment où je me prépare à ressortir les premiers feuillets, à prendre le pouls de l’endormi, à retourner vers ma bibliothèque « Segalen » qui n’a cessé de s’enrichir au fil des années, joyeusement avide des éditions nouvelles et des publications inconnues.

Libraire-galeriste à Lausanne, et auteur de deux livres, Marc Agron vient d’acquérir quelques ouvrages anciens liés à Segalen. Nous nous découvrons une figure tutélaire commune. Voilà qui aide l’élan, déjà bien ragaillardi par le projet d’un livre aux éditions Hippocampe.

David Collin
 
 

 

 

 

Baptiste GAILLARD
Bonsaï

Poésie / 120 pages / 14 x 21 cm / 13 euros
ISBN 979-10-96911-13-4

A PARAITRE LE 6 NOVEMBRE 2018

 

 

 

 

« Qu’un rivage soit mimé par des ridules, et l’immensité de la mer par du lisse. Une complexité dans certaines peintures, où des aires sont planes, séparées par des flétrissures. Plusieurs matières mettent un autre temps à sécher, entre elles se rétractent. La frontière entre différentes peaux différemment froissées. Il s’agit d’un seul tableau.  »