par Jean-Claude Hauc

 

Jacques Henric
Boxe
Paris, Seuil, « Fiction & Cie », 2016, 
240 p., 18 €.

 

Dans la plupart de ses livres récents, Jacques Henric tisse sa toile à partir de souvenirs ou de faits intimes : son parcours parmi les avant-gardes littéraires du XXe siècle avec Politique, un cancer de la prostate avec La Balance des blancs. Dans Boxe, c'est une sorte de traumatisme d'enfance qui oriente la narration. Un coup de poing au visage reçu sans raison véritable de la part d'un camarade de classe passablement demeuré qui le laisse sans voix, provoquant une sorte de paralysie du bras droit qui l'empêche de se défendre ou de répliquer. « Ce n'était pas un bras pesant un poids de plomb qui pendait à mon flanc, se souvient l'écrivain, mais la sensation de son absence soudaine, ou plutôt la présence d'un membre fantôme. » Le souvenir de cette expérience demeuré longtemps enfoui remontera à la surface lorsque Jacques Henric rencontrera le boxeur Jean-Marc Mormeck.  Le double champion du monde des poids lourds-légers doit alors remettre son titre en jeu dans la mythique ville de Kinshasa et l'écrivain l'accompagner afin d'écrire un texte sur ce combat qui finalement sera annulé. C'est de cette déception et de la remembrance du trauma enfantin que le projet de Boxe va prendre corps. 


par Fabien Pinaroli

 

Alighiero Boetti
Tornabuoni Art - Passage de Retz
9 rue Charlot 75003 Paris
Jusqu'au 8 avril 2017
http://www.tornabuoniart.fr/alighiero-boetti.php

 

Alighiero Boetti, Lavoro Postale (Permutazzione), 1975 (détail) © Fabien Pinaroli


par Camille Paulhan

 

HERstory – des archives à l’heure des postféminismes
Maison des arts de Malakoff, jusqu'au 18 mars 2017
Et sur Internet : chaîne Youtube « HER story »



Décidément il n’y a pas que les féministes qui soient, comme le dit avec humour Esther Ferrer, des esprits râleurs et redresseurs de torts. Ces derniers temps, dès qu’une exposition s’engage à montrer des artistes femmes ou à proposer une pensée féministe forte, on entend systématiquement un chœur de pleureurs qui prétend qu’il n’y en aurait que pour « elles ». Elles ? Mais où donc ? En tout cas pas dans les musées, ni les FRAC, ni les centres d’art, ni les galeries, où elles représentent de fait une part assez ridicule des achats et des expositions en regard de la proportion des étudiantes dans les écoles d’art supposées fournir les viviers de jeunes artistes à venir. Alors, évaporées, les femmes ? Non point, mais négligées, et « redécouvertes » – terrible mot – lorsque l’âge avance : regardons de plus près les trajectoires d’Hessie, de Pierrette Bloch ou d’Aurélie Nemours pour nous en convaincre, s’il faut donner ici quelques exemples.