par Barnabé Sauvage

 

CRITIQUE CINEMA


Patterson
de Jim Jarmusch
Sortie en salle française : 21/12/2016


 

Monday. La Sélection officielle de Cannes 2016 égraine les films comme Paterson égraine les jours : avec un air de déjà-vu et de répétition, puisque Jim Jarmusch présentera à nouveau, le jeudi suivant, une Séance de minuit consacrée à son ami Iggy Pop, Gimme Danger. Cependant, rien n’apparie Paterson aux autres sélectionnés d’une année proprement « cannibale », selon les mots de Thierry Frémaux lors de la séance de presse.

 

par Alexandre Mare


CRITIQUE / ETHNOLOGIE

 

Keith Basso
L’eau se mêle à la boue dans un bassin à ciel ouvert
Traduit de l’anglais par Jean-François Caro ; préface de Carlo Severi,
Bruxelles, Zones sensibles, 190 p., 20 €.

 

Keith Basso (1940-2013) était sans doute un drôle d’homme. Tout à fait sérieux a priori. Cow-boy, Basso partait souvent pour de longs trecks goûter à l’immensité des paysages de l’Arizona ou pour suivre le bétail de ses amis indiens. Entre temps – à moins que ce ne soit le contraire – Keith Basso était professeur à l’Université du Nouveau-Mexique et sans conteste l’un des anthropologues les plus avisés qui soient dont la majeure partie de son travail, et de son œuvre, fut consacrée à l’étude des Apaches occidentaux – les indiens Apaches qui vivent en Arizona entre le fleuve Colorado et la Gila river – se concentrant principalement sur la communauté de Cibacue située dans la réserve indienne de Fort Apache.


par Côme Martin


CRITIQUE / BANDE DESSINEE

Jochen Gerner et Emmanuel Rabu
RG, renseignements généraux Paris
L’Association, 2016, 176 p., 23 €

 

L’œuvre d’Hergé, en particulier Les aventures de Tintin, fait partie des rares bandes dessinées à avoir planté leurs racines dans l’imaginaire collectif. Tout le monde connaît Tintin et ses acolytes, ce qui en fait un excellent candidat à la déconstruction et à la réappropriation, comme si le mythe hergéen était désormais un boîte à outils, ou un empilement de signes que l’on pourrait assembler de toutes les manières possibles; ce dont ne se sont pas privés, entre autres, les OuBaPiens, dont Jochen Gerner lui-même, depuis près de 25 ans.


par Alice Leroy

CRITIQUE / IMAGES EN MOUVEMENT


Philippe-Alain Michaud, Sur le film
Paris, Macula, 2016, 464 p., 38 €.

 

L’historien de l’art spécialiste du film expérimental et commissaire de la remarquable exposition consacrée ces derniers mois à la Beat Generation au Centre Pompidou réunit dans un impressionnant ouvrage ses écrits sur le rapport entre le film et les autres arts, et propose une histoire des images en mouvement à partir des formes expérimentales explorées en d’autres lieux que la salle de projection. Au fil de chapitres issus pour la majorité d’entre eux de textes antérieurs, se dessine l’unité d’une œuvre théorique puissante, s’inscrivant en faux contre une ontologie indicielle du cinéma, et ouvrant sur une autre histoire du film : celle des reprises, dérives, parodies, qui appliquent le principe d’analogie à l’autoréférentialité des images plutôt qu’à la reproduction mimétique du monde.