Entretien avec Stéphane Fretz



art&fiction existe depuis 2000, d’abord comme éditeur puis progressivement comme structure de mutualisation et de diffusion avec d’autres projets éditoriaux. Pourriez-vous évoquer la genèse du projet, vos principales motivations de départ et le modèle que vous souhaitiez inventer ?

En 2000, nous sommes deux, Christian Pellet et moi – un portraitiste et psychologue défroqué, comme il se décrivait alors, et un peintre classé comme citationniste. Nous avons en commun le goût de l’interprétation des images. L’image est notre grande question, à laquelle nous ne répondons pas uniquement par d’autres images, mais aussi par des textes. J’écris, sous un nom d’emprunt, des textes sur les peintres de mon entourage mais aussi sur Manet ou Carpaccio, Christian Pellet sur le cinéma américain des années 1960 et 1970. Nous découvrons que si nous voulons publier cette matière et celle que nous voyons émerger autour de nous au même moment, nous devons le faire nous-mêmes, et qu’il est techniquement possible de le faire avec peu de moyens. Nous créons une première série de livres faits très simplement et en petite quantité, d’abord pour nos propres projets puis pour ceux d’amis plasticiens. Petit à petit, certains des artistes que nous publions (au rythme de 4 titres par année au début) se joignent à nous pour former un véritable comité éditorial, plastiquement souple et évolutif. C’est encore notre fonctionnement actuel : 12 éditeurs associés (10 artistes, 1 bibliothécaire, 1 journaliste) qui gèrent la programmation en commun puis des projets en particulier, que ce soit un livre, une collection ou un programme de performances.

 

 

PORTRAIT


Par Anne Maurel

  

A qui lui demande pourquoi le choix de ses initiales, P.O.L., pour la maison d’édition qu’il a fondée en 1983, Paul Otchakovsky-Laurens répond : « Je parle par la bouche des autres ». Réduction du nom ; homonymie avec le prénom, le « petit nom », affleurant malgré les points qui séparent les trois initiales. 

Minceur voulue du « je ». D’abord un balbutiement: je parle par. Puis le souffle se libère, s’amplifie : trois, puis six syllabes je parle/par la bouche des autres ; du singulier au pluriel, de près à loin, de je à ils. Placée sous les initiales menues, une figure du jeu de go signifiant l’éternité, en hommage à Georges Perec dont Paul Otchakovsky-Laurens a publié La Vie mode d’emploi, en 1978, chez Hachette. Par, en français, est ambigu, hésite entre la valeur spatiale du per latin, à travers, et la signification instrumentale d’un au moyen de ou grâce à, entre  toute-puissance – c’est ma voix seule qui résonne au travers des livres que je publie – et humilité – pour parler j’ai besoin de la bouche des autres.

 

 

Jean-Guy COULANGE
Je descends la rue de Siam.
Carnets sonores et photographiques

récits / 128 pages / 14 x 21 cm / 16 euros
ISBN : 978-2-9552376-7-0

SORTIE EN LIBRAIRIE : 15/11/2016

 

  

 



Anne MAUREL
Avec ce qu'il resterait à dire.
Sur une figurine d'Alberto Giacometti

récit / 104 pages / 14 x 21 cm / 13 euros
ISBN : 978-2-9552376-6-3

SORTIE EN LIBRAIRIE : 15/11/2016


 

 


ECOUTER DES EXTRAITS LUS PAR CATHERINE SOULARD

 

 

par Michel Ménaché

 

Julien Delmaire, Frères des astres
Paris, Grasset, 2016, 234 p., 17 €.

 

 


par Gwilherm Perthuis

Quinquennat oblige ; institutions de la Vème République, qui survalorisent l’élection présidentielle, obligent ; inconstances, faiblesses et trahisons du chef de l’état obligent. Cela fait quatre ans que la campagne pour l’élection de 2017 est ouverte. Quatre ans que des dizaines de prétendants se contentent de prétendre sans jamais démontrer, revendiquent sans trop argumenter, dénoncent en ayant très peu à proposer. Leur seul objectif, se montrer, exister médiatiquement, mais avec quelles idées ? Et sur quelle base les distinguer lors des primaires ? La couleur de la cravate ? Le degré de nervosité ? Leur position dans les sondages ?


par Anthony Dufraisse

 

Manuel Cervera-Marzal, Les Nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ?
Lormont, Le Bord de l’eau, 2016, 161 p., 14 €. 

 

La désobéissance civile renouvelle la démocratie, pose un essai de Manuel Cervera-Marzal, dont on peut regretter qu’il laisse de côté certaines questions d’ordre psychologique et idéologique, pourtant décisives pour une compréhension totale de ces mouvements et collectifs d’hommes et de femmes qui estiment devoir dire non.