« Un maillon dans la chaîne »,

Quelques questions en réponse à une invitation parisienne de Gwilherm Perthuis.

Un envers, la revue ; sa facture apparente (à mes yeux, persistante).

Un voyage dédoublé (en été, depuis l'arrière-pays niçois à la table de l'atelier), voyage du cahier de dessins vers la revue en devenir. Depuis, il me semble qu'un dessin unique persiste, dessin resté dans ma mémoire des pages d'Hippocampe.

Samedi dernier, train.Que les dessins imprimés forment un unique dessin, un dessin en forme de caractère qui agit en réseau. Le dessin mieux, son caractère, dessine un cheminement. C'est le cheminement que je ressens en dessin. Les dessins sont -à côté- ; Communauté non familière, mais présence sans l'étreinte de fétichismes, (parce que les dessins imprimés dans la revue m'ont accompagné afin de régler les futures lithographies de Toute hypothèse est un conte, Urdla hiver 2009).

Est-ce une nouvelle façon d'expression présentée ?

Les dessins communiquent-t-ils les feuilles originelles ?

Les dessins engagent une disparition. Celle de la feuille dessinée au profit de l'imprimée, la page de la revue.

Puis, la construction externe de la page en future activité avec celle, interne et existante des dessins. Sans montage mais en parties révélées en vue d'une réunion.

Généralement, Je recherche l'image montée en soi. Ce sont les images dont le montage est préalable qui sont mes sources, soudées d'absences.

Vendredi soir, train.

Je manipule régulièrement ce numéro de la revue Hippocampe, et j'éprouve son architecture plate où se sont fondus les documents, fichiers de textes, raturés, retouchés, agencés,

les coquilles, les erreurs typographiques. Les dessins portent-ils des erreurs, en font-ils ?

Je regarde les dessins imprimés, facilement et sans affèterie,

Les originaux sont conservés dans des enveloppes de pergamine à l'abri de la poussière et de la lumière, mais s'agit-il de raisons réelles ?

Ces dessins-là seront peut-être encadrés exposés et achetés ou donnés. Dessins valeurs.

Les dessins dans la revue ont irrémédiablement un autre statut, un statut d'îles graphiques dans un émetteur blanc. Ils ont passé un cap.

FK octobre 2009

Hippocampe | numéro 2 | "Perspectives helvétiques" | 9 euros

Disponible à la librairie Flammarion du Centre Georges-Pompidou.

(...) A bord de l'avion qui nous emmenait à Genève, nos passeports dans la poche de nos vestes neuves, mon frère et moi fûmes saisis d'effroi en regardant par les hublots. Comme l'appareil penchait sur le côté, ce pays qu'on appelle la Suisse - même les lacs - semblait s'élever à l'infini le long d'un plan incliné. Lorsque l'avion eut achevé ses virages et se redressa pour amorcer l'atterissage, quel ne fut pas notre soulagement de constater que ce pays était aussi horizontal que le nôtre ! Nous en sourions encore. (...)

Orhan Pamuk, D'autres couleurs, Paris, Gallimard, p. 261.

Alors que la grève européenne du lait entre dans son onzième jour, les agriculteurs de La Fédération en plein quartier européen de Bruxelles, les vannes de trois citernes et déversé plusieurs milliers de litres de lait dans un petit étang bâché entouré de bottes de paille, pour protester contre les prix trop bas du lait. européenne des producteurs de lait (EMB -100.000 producteurs) ont ouvert ce lundi 14 septembre

Les éleveurs en France multiplient également les rassemblements devant les laiteries, plusieurs d'entre eux équipés de tracteurs bloquent préfectures et sous-préfectures, celles de Saint-Étienne, de Roanne, de Montbrison dans la Loire et déversent en divers endroits des milliers de litres de lait. Tandis que d'autres actions sont signalées dans le Rhône, l'Isère, le Lot-et-Garonne, la Dordogne ; même à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais où 200.000 litres de lait ont été déversés ( Qu'en pense son clocher, cette prestigieuse éminence, témoin de premiers parachutes alliés tombant une nuit de juin 44 au milieu des vaches ?).

ALCHIMIE DU PAPIER

en collaboration avec les Ateliers Michael Woolworth

Estampes de Stéphane Bordarier, Diana Copperwhite, Daniel Clarke, Vincent Corpet, Marc Desgrandchamps, Jim Dine, Richard Gorman, Marie-Ange Guilleminot, Frédérique Loutz, Miquel Mont, Stéphane Pencréac'h, Jean-Baptiste Sécheret, Djamel Tatah, Otto Zitko.

du 30 octobre au 29 novembre 2009

Vernissage le jeudi 29 octobre à partir de 18 heures

Galerie Françoise Besson

10 rue de Crimée 69001 Lyon

Légende image : Jim Dine, Woodcut in Paris and Tokio, 2005, bois gravé et rehaut manuel, 76 x 66 cm, papier japon 60gr., 12 ex. courtesy Michael Woolworth.

Le Livre des masques, Rémy de Gourmont

Note de lecture de Ludovic Roguet

De même que Proust rêvait d'un seul volume pour sa Recherche du temps perdu, les deux tomes du « Livre des masques » de Remy de Gourmont, publiés en 1896 et 1898 au Mercure de France, sont désormais réunis en un seul par les Éditions Manucius.

« Le Livre des masques » aurait pu s'intituler le livre des livres, Gourmont dans ces pages dresse les portraits d'écrivains « symbolistes » et tente à travers ce kaléidoscope de donner une définition de ce mouvement. « Que veut dire Symbolisme ? » s'interroge Gourmont dans sa préface, il répond : « c'est, même excessive, même intempestive, même prétentieuse, l'expression de l'individualisme dans l'art ». Et de fait, quel point commun entre Mallarmé, Lautréamont, Rimbaud pour ne citer que les plus illustres des Masques passés à la postérité, et des figures oubliées comme Dumur, Mikhaël, Poictevin ? Selon Gourmont, l'originalité, expression qui revient à maintes reprises, comme le souligne Daniel Grojnowski dans sa préface à cette nouvelle édition. Pour Gourmont : « L'œuvre d'un écrivain doit être non seulement le reflet, mais le reflet grossi de sa personnalité. » Ce principe de l'originalité, de l'individualité, cartographie un territoire aux frontières souples même entre les genres littéraires, où seule la Poésie règne dans les romans (Eeckoud, Lorrain, Rachilde), dans le théâtre (Maeterlinck, Claudel) comme dans les recueils.

Cette poésie imprègne également les fameux Masques dessinés par Felix Vallotton pour accompagner chacune des 53 études. Ces 53 têtes gravées sur bois, sans cous ni épaules, se détachent avec force de la page blanche, des icônes plus que des visages. Toutes sont singulières, identifiables mais la simplicité des formes, le contraste des noirs et blancs signent leur commune appartenance à une même famille « symbolique », dans tout les sens du terme.

Ces masques-icones gravés par Vallotton à partir de photographie, ou purement imaginaire comme celui de Lautréamont, sont comme des négatifs qui accompagnent plus qu'ils n'illustrent la « promenade littéraire » de Gourmont. Le projet de Gourmont n'est pas de faire des portraits littéraires comme maints de ces contemporains de Huret à Sainte-Beuve le font, les masques prennent alors le relais de l'écriture.

Pour Oscar Wilde, « le masque dit le vrai plus que le visage », comme nous le rappel bien à propos D. Grojnowski.

APOKALYPTISCHE REITER (Les Cavaliers de l'Apocalypse)

EXPOSITION DU 10. X AU 11. XI. 09

URDLA Centre international estampe et livre

207, rue Francis-de-Pressensé Villeurbanne

Du mardi au vendredi, 10h-18h.

tél. 04 72 65 33 34 fax 04 78 03 95 57 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Voir les images de l'exposition.

Légende image : « Plague », xylographie, 120 x 160 cm, 14 ex. / vélin d'Arches.