LINOGRAVURE FABRICE GYGI

A l'occasion de l'impression de la troisième grande linogravure - 200 x 110 cm - de Fabrice Gygi l'URDLA vous propose un prix de souscription jusqu'au 15 décembre : 2'600 euros. Les épreuves seront ensuite vendues 3'500 euros. La quatrième de couverture du dernier numéro de la revue Hippocampe reproduisait la Bâche de Fabrice Gygi, le précédent lino imprimé et édité par l'URDLA à 16 exemplaires. Fabrice Gygi est né à Genève en 1965. Le Magasin de Grenoble lui a consacré une importante rétrospective en 2000 ; la même année il représente la Suisse à la Biennale de Sao Paulo : il fait construire pour l'occasion un gigantesque mirador du type de ceux qui garde les maisons bourgeoise au Brésil. En 2001 le Cabinet des estampes de Genève expose l'ensemble de ses estampes et de ses multiples et édite un catalogue raisonné avec un long entretien mené par Christophe Cherix. Pour le pavillon suisse de la Biennale de Venise 2009, l'artiste a monté à San Stae une installation qui rappelle qu'une église est un lieu qui renferme à la fois des valeurs spirituelles et des valeurs matérielles, en temps normal comme en temps de crise. Fabrice Gygi a beaucoup exposé en Europe et aux Etats-Unis. Ses œuvres questionnent les rapport à l'autorité, « la façon de s'accommoder des exigences sociales en tant que citoyen » dit-il. Lors de sa performance Immer Aufrecht à la Warteck Brauerei à Bâle, il invite le public à se répartir dans une salle traversée par deux câbles tendus. Fabrice Gygi entre, décroche chaque câble et les fait passé dans ses oreilles. « J'avais au préalable branché une radio à ces derniers, un peu comme on relie des enceintes à une chaîne stéréo. Les fils de haut-parleurs passaient de la radio à mes lobes, eux-mêmes munis d'œillets de métal sur lesquels étaient soudés des fils connectés à un amplificateur. Je faisais donc office de haut-parleur, alors que le câble fonctionnait comme antenne. » La performance dure une demi-heure devant un public médusé.

Pipilotti Rist

Ever is Overall (1997)

Vidéo

Dimensions variables

Née en 1962 dans le canton de St Gall, en Suisse, la vidéaste Pipilotti Rist étudie la photographie et la création audiovisuelle dans les années 1980 à la Haute Ecole d'Arts appliqués de Vienne, puis à l'Ecole de Design de Bâle. De 1988 à 1994, elle fait partie du groupe Les Reines Prochaines, qui réalise des performances.

L'artiste se fait connaître par le film Pickelporno, en 1992, où l'œil d'une caméra glisse le long des corps d'un couple. Le film, vivement coloré, évoque avec bizarreté la sensualité et la libido féminines.

Ever Is Over All (1997) - œuvres acquise par le MoMA de New York - est un long travelling au ralenti qui montre une jeune femme marchant dans la rue et frappant de grands coups de bâton (en forme de fleur) les vitres des voitures.

Pipilotti Rist a reçu en 2000 le Lion d'Or à la Biennale de Venise. Elle vit et travaille à Zürich et Los Angeles.

Les Herbes folles

d'Alain Resnais

Une parenthèse ante mortem qui s'ouvre sur la trotteuse d'une montre en passe de s'arrêter et se ferme sur le crash d'un avion. Dans ce temps non-compté, une de ces histoires qui n'organisent pas le pessimisme, autrement dit ne le socialisent pas. Histoire d'un buisson épineux de vieilles rides et d'une toison folle, d'un rouge fauve. Histoire d'un paranoïaque et d'une luciole. Soit d'un récit obsessionnellement intérieur d'états naturellement extérieurs et d'une lueur qui, faute d'avoir l'intériorité d'une flamme, a tout le dehors de la nuit. Absence de synchronie qui rythme depuis toujours le moment amoureux, à ceci près que chez Resnais il ne fait pas roman, parce que l'asymétrie il ne la doit qu'au pays follet qui est le sien - pas de commerce, de là son côté répulsif, mal aimable.

Et l'impression qu'il laisse d'avoir deux heures durant été confronté, par faux-raccords, à un regard caméra qui traverse le corps spectateur, notre corps adoré, corps devenu culte, corps idéologique, comme un neutrino peut traverser toute la Terre sans rien voir.

« Un maillon dans la chaîne »,

Quelques questions en réponse à une invitation parisienne de Gwilherm Perthuis.

Un envers, la revue ; sa facture apparente (à mes yeux, persistante).

Un voyage dédoublé (en été, depuis l'arrière-pays niçois à la table de l'atelier), voyage du cahier de dessins vers la revue en devenir. Depuis, il me semble qu'un dessin unique persiste, dessin resté dans ma mémoire des pages d'Hippocampe.

Samedi dernier, train.Que les dessins imprimés forment un unique dessin, un dessin en forme de caractère qui agit en réseau. Le dessin mieux, son caractère, dessine un cheminement. C'est le cheminement que je ressens en dessin. Les dessins sont -à côté- ; Communauté non familière, mais présence sans l'étreinte de fétichismes, (parce que les dessins imprimés dans la revue m'ont accompagné afin de régler les futures lithographies de Toute hypothèse est un conte, Urdla hiver 2009).

Est-ce une nouvelle façon d'expression présentée ?

Les dessins communiquent-t-ils les feuilles originelles ?

Les dessins engagent une disparition. Celle de la feuille dessinée au profit de l'imprimée, la page de la revue.

Puis, la construction externe de la page en future activité avec celle, interne et existante des dessins. Sans montage mais en parties révélées en vue d'une réunion.

Généralement, Je recherche l'image montée en soi. Ce sont les images dont le montage est préalable qui sont mes sources, soudées d'absences.

Vendredi soir, train.

Je manipule régulièrement ce numéro de la revue Hippocampe, et j'éprouve son architecture plate où se sont fondus les documents, fichiers de textes, raturés, retouchés, agencés,

les coquilles, les erreurs typographiques. Les dessins portent-ils des erreurs, en font-ils ?

Je regarde les dessins imprimés, facilement et sans affèterie,

Les originaux sont conservés dans des enveloppes de pergamine à l'abri de la poussière et de la lumière, mais s'agit-il de raisons réelles ?

Ces dessins-là seront peut-être encadrés exposés et achetés ou donnés. Dessins valeurs.

Les dessins dans la revue ont irrémédiablement un autre statut, un statut d'îles graphiques dans un émetteur blanc. Ils ont passé un cap.

FK octobre 2009

Hippocampe | numéro 2 | "Perspectives helvétiques" | 9 euros

Disponible à la librairie Flammarion du Centre Georges-Pompidou.

(...) A bord de l'avion qui nous emmenait à Genève, nos passeports dans la poche de nos vestes neuves, mon frère et moi fûmes saisis d'effroi en regardant par les hublots. Comme l'appareil penchait sur le côté, ce pays qu'on appelle la Suisse - même les lacs - semblait s'élever à l'infini le long d'un plan incliné. Lorsque l'avion eut achevé ses virages et se redressa pour amorcer l'atterissage, quel ne fut pas notre soulagement de constater que ce pays était aussi horizontal que le nôtre ! Nous en sourions encore. (...)

Orhan Pamuk, D'autres couleurs, Paris, Gallimard, p. 261.

Alors que la grève européenne du lait entre dans son onzième jour, les agriculteurs de La Fédération en plein quartier européen de Bruxelles, les vannes de trois citernes et déversé plusieurs milliers de litres de lait dans un petit étang bâché entouré de bottes de paille, pour protester contre les prix trop bas du lait. européenne des producteurs de lait (EMB -100.000 producteurs) ont ouvert ce lundi 14 septembre

Les éleveurs en France multiplient également les rassemblements devant les laiteries, plusieurs d'entre eux équipés de tracteurs bloquent préfectures et sous-préfectures, celles de Saint-Étienne, de Roanne, de Montbrison dans la Loire et déversent en divers endroits des milliers de litres de lait. Tandis que d'autres actions sont signalées dans le Rhône, l'Isère, le Lot-et-Garonne, la Dordogne ; même à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais où 200.000 litres de lait ont été déversés ( Qu'en pense son clocher, cette prestigieuse éminence, témoin de premiers parachutes alliés tombant une nuit de juin 44 au milieu des vaches ?).