par Thierry Gillybœuf

 

Henri Michaux, Donc c’est non
Paris, Gallimard, 2016, 191 p., 19,50 €.

 

A rebours de la plupart des écrivains en quête de reconnaissance, de célébration voire d’honneurs, pour Henri Michaux, paraître ne traduit pas une volonté d’apparaître. À travers la centaine de lettres réunies dans ce curieux volume qu’est Donc c’est non, c’est toute une « philosophie du non » qui est développée, déclinée, martelée, avec une rare constance, une indéfectible opiniâtreté : « Je cherche une secrétaire qui sache pour moi de quarante à cinquante façons écrire non », confie-t-il à Robert Bréchon – pourtant auteur d’un Michaux paru en 1959. Tous les correspondants de Michaux – amis, universitaires, éditeurs, metteurs en scène, directeurs de revue, etc. – se retrouvent face aux verrous du refus michalien. Et le lecteur est pris de vertige devant ce chapelet, cette litanie de non… et guette comme une oasis dans le désert un timide oui exceptionnel qui viendrait confirmer la règle – mais non : « une exception devient un problème lorsqu’on s’est attaché à une règle », lâche-t-il à Lorand Gaspar !

 

32 pages / 2,50 euros ou 4 CHF

Disponible en librairie, par abonnement ou achat en ligne par Paypal (voir ci-dessous)

 

 

Avec Bruno Carbonnet et Gwilherm Perthuis


Dimanche 26 juin 2016 à 15 heures
Librairie du Magasin place Andry-Farcy 38000 Grenoble
Entrée libre

L'hippocampe est un animal marin hippocéphale, ancestral et atemporel, une créature mythologique, mais il s'agit également d'un secteur du cerveau qui joue un rôle primordial dans le processus de mémorisation. Il contribue à l'anticipation dans le présent grâce à l'exploitation et à l'analyse des traces du passé.


Vous pouvez télécharger le numéro complet des Lettres françaises comprenant cet article.

 

 

 

 


Ent'revues vous invite le mardi 31 mai à 18h30 pour une soirée consacrée au n° 13 de la revue Hippocampe.

 
par Camille Paulhan

 

Ceramix
Cité de la céramique, Sèvres et La Maison rouge, Paris
jusqu’au 5/06/2016.

 

Il est sans doute toujours un peu glissant de consacrer une exposition à un médium ou à une pratique: la maison rouge avait souhaité, en 2012, se pencher sur le néon, tandis que le Musée d’art moderne de la ville de Paris avait embrayé, l’année suivante, sur la tapisserie contemporaine. Avec, au bout, un même constat: la réunion d’artistes pour certains tout à fait nouveaux, pour d’autres que l’on redécouvrait avec cet usage spécifique, mais au final une impression générale de trop-plein et de nécessaires redites. « Ceramix » n’échappe pas à cet écueil, mais les deux commissaires – Camille Morineau et Lucia Pesapane – ont toutefois réussi à le contrer en partie, ne serait-ce qu’en raison de l’actualité immédiate de leur sujet: la céramique, en effet, semble désormais être partout (contrairement à la tapisserie ou au néon). Certains artistes en ont même fait un matériau quasiment unique de leur travail, en exploitant toutes les possibilités en termes de surfaces, d’émaillages et de volumes, comme Elsa Sahal, Johan Creten ou encore Elmar Trenkwalder. Le constat de cette résurgence accélérée d’un matériau dont on a longtemps fait le procès en ringardise, mis en avant dans le catalogue par les commissaires, a justifié à lui seul cette exposition en forme d’interrogation. 

 

32 pages / 2,50 euros ou 4 CHF
Disponible en librairie ou par abonnement