Article de Louise de Crisnay dans Libération, jeudi 21 juillet 2016

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CHRONIQUE RADIO

Il y a encore quelques années, la programmation estivale de France Culture était extrêmement ambitieuse, orientée par le désir de proposer des contenus inédits et adaptés à une écoute plus longue, inscrite dans une autre temporalité. La grille d’été comprenait des émissions d’un genre nouveau. L’occasion de travailler des formes différentes, de faire intervenir d’autres voix, la radio était encore un laboratoire. S’alignant progressivement sur ses sœurs du service public, France Culture transforme ce rendez-vous annuel en une longue période – passant de 5 à 8 semaines –, diluée, qui répond plus à des enjeux économiques qu’à une véritable réflexion éditoriale. Les Grandes traversées qui occupaient les matinées pendant trois heures quotidiennement ont été raccourcies, de manière générale les formats sont brefs, fragmentés, les rediffusions plus nombreuses. Les partenariats tous azimuts se multiplient… Ce qui induit nécessairement de concéder une baisse des exigences au profit de celles du partenaire. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des producteurs talentueux à la Maison de la radio.


par Thierry Gillybœuf

 

Henri Michaux, Donc c’est non
Paris, Gallimard, 2016, 191 p., 19,50 €.

 

A rebours de la plupart des écrivains en quête de reconnaissance, de célébration voire d’honneurs, pour Henri Michaux, paraître ne traduit pas une volonté d’apparaître. À travers la centaine de lettres réunies dans ce curieux volume qu’est Donc c’est non, c’est toute une « philosophie du non » qui est développée, déclinée, martelée, avec une rare constance, une indéfectible opiniâtreté : « Je cherche une secrétaire qui sache pour moi de quarante à cinquante façons écrire non », confie-t-il à Robert Bréchon – pourtant auteur d’un Michaux paru en 1959. Tous les correspondants de Michaux – amis, universitaires, éditeurs, metteurs en scène, directeurs de revue, etc. – se retrouvent face aux verrous du refus michalien. Et le lecteur est pris de vertige devant ce chapelet, cette litanie de non… et guette comme une oasis dans le désert un timide oui exceptionnel qui viendrait confirmer la règle – mais non : « une exception devient un problème lorsqu’on s’est attaché à une règle », lâche-t-il à Lorand Gaspar !

 

32 pages / 2,50 euros ou 4 CHF

Disponible en librairie, par abonnement ou achat en ligne par Paypal (voir ci-dessous)

 

 

Avec Bruno Carbonnet et Gwilherm Perthuis


Dimanche 26 juin 2016 à 15 heures
Librairie du Magasin place Andry-Farcy 38000 Grenoble
Entrée libre

L'hippocampe est un animal marin hippocéphale, ancestral et atemporel, une créature mythologique, mais il s'agit également d'un secteur du cerveau qui joue un rôle primordial dans le processus de mémorisation. Il contribue à l'anticipation dans le présent grâce à l'exploitation et à l'analyse des traces du passé.


Vous pouvez télécharger le numéro complet des Lettres françaises comprenant cet article.

 

 

 

 


Ent'revues vous invite le mardi 31 mai à 18h30 pour une soirée consacrée au n° 13 de la revue Hippocampe.