Nous publions ici quelques photographies de David Collin, prises en 2008 à Shanghai, pouvant rentrer en résonance avec son texte "Shanghai Library" qui vient d'être édité dans le volume Vers les confins - voyages, dérives, épiphanies, chez Hippocampe éditions. Nous avons décidé de ne pas publier d'images au sein du livre, l'écriture suscitant par elle-même de nombreuses images mentales. Mais en guise d'appel, nous en réunissons quelques unes dans ce premier fil photographique numérique avec deux extraits du texte.

 

 

En revenant à Shanghai sept ans après ma première visite, je savais que les lieux du roman que j’écrivais s’en trouveraient fatalement métamorphosés. Certains d’entre eux avaient totalement disparu. Les lieux que je croyais avoir inventés étaient bien réels, et ceux auxquels je croyais dur comme fer s’étaient évaporés dans la brume humide et polluée de la métropole, dissous dans la mue incessante d’une cité qui n’avait de cesse de détruire, pour mieux reconstruire. Quelquefois à l’identique.

Extrait de Vers les confins - voyages, dérives, épiphanies, livre paru chez Hippocampe éditions en février 2018 (postface de Claude Chambard).
 

 

 

 

 

 


"Shanghai Library ", demandai-je au garçon chargé de l’accueil des clients sur la terrasse très prisée du Kathleen Five, espérant être orienté vers Les 7 Tigres de Borges. Yes, please, me répondit-il en m’indiquant la terrasse de la main, do you want la cour intérieure côté lounge ou la terrasse qui donne sur le panorama de gratte-ciel ? Je ne manquerais pour rien au monde la vue sur l’incroyable tour futuriste de l’hôtel Radisson couronnée par une soucoupe volante, à moins qu’il ne s’agisse d’un casque de soldat mongol. 

Extrait de Vers les confins - voyages, dérives, épiphanies, livre paru chez Hippocampe éditions en février 2018 (postface de Claude Chambard).