15.09.18

Dans Les finisterres de l’esprit, l’un des plus beaux livres qu’il consacre à Segalen, Kenneth White relève que les amitiés littéraires avec des écrivains qui nous paraissent intimement proches ne sont ni affaires de chronologie ni de géographie.

C’est un mystère, une affinité élective qui nous relie au-delà du temps et de l’espace. En lisant White, j’affine la carte de mes territoires, des traits en commun avec Segalen. C’est un vaste empire recouvert de blancs inexplorés, mais j’ai pressenti dès mes premières lectures des chemins  familiers. Je traverse la vie et l’œuvre de Segalen sur les diagonales, des lignes se croisent et se rencontrent, s’accompagnent pour un temps vers des confins lointains.

Cette parenté se construit-elle après comme une légende ? Etais-je tout autant troublé par ces affinités lors des premières lectures ?

Je souligne mes proximités. Ce ne sont parfois que des mots, des bouts de phrases qui font sens, des départs d’idées, des condensés de pensée que je suis peut-être le seul à déchiffrer :

 

-       Suivre ses propres aspirations.

-       Intérêt pour les zones limites de la pensée (déjà-vu).

-       Accumulateur de sensations, chercheur de perceptions nouvelles.

-       Sensibilité éveillée en permanence, doublée d’un fort élan vital.

 

David Collin